Trophée Jules Verne 2003

BRAVO et MERCI, OLIVIER

Equipage de Géronimo :
Olivier de Kersauson, Yves Pouillaude, Didier Ragot, Marc Le Fur, Antoine Deru, Stanislas Devorsine, Pascal Blouin, Jean-François Fouché, Rodolphe Jacq, Franck Ferey, Pierre Corriveaud

68 jours, 1heure, 58 minutes 2 secondes

« Pour moi, cela a été un très beau tour du monde, absolument magnifique sur le plan maritime. À bord, il y a eu de l’acharnement. Humainement ce sont des moments très émouvants et formidables. Nous avons eu la chance de vivre une aventure maritime formidable, forte, intéressante, variée bien qu’hostile. Nous sommes un peu déçu de ne pas ramener autant que l’on aurait voulu à tous ceux qui nous ont soutenu. Il n’y avait rien à faire et c’est frustrant, un peu vexant même, mais on remettra ça, c’est sûr, d’autant que la connaissance que nous avons aujourd’hui de Geronimo est très supérieure à celle que nous en avions, il y a quelque temps »
Olivier de Kersauson

ULES SUCCES D'UN ECHEC...U

Oui, car indiscutablement, Géronimo a démontré, sur son premier tour du monde par les trois caps, son immense potentiel. La meilleure preuve en est que pas moins de cinq records intermédiaires sont tombés dans l'escarcelle d'Olivier et de son excellent équipage, équipage qu'il salue pour sa prestation et dont il avoue être fier. A n'en pas douter, ces records transitoires sur ce magnifique parcours semé d'embûches ne seront pas faciles à reprendre. Le grand trimaran gris à également montré ses énormes capacités à évoluer dans les petits airs, une exceptionnelle vélocité hors d'atteinte des catamarans.
Ce tour aura également permis à Olivier de Kersauson de faire le bilan des améliorations à apporter à Géronimo afin de repartir, plus fort encore, à la conquête de ce trophée. Un nouveau mât plus haut de 4 à 5 mètres est d'ores et déjà sérieusement envisagé. Cet espar était d'ailleurs prévu au départ, dans le cahier des charges de la construction de Géronimo. Une réflexion sur les foils est aussi d'actualité...
Dans sa configuration technique actuelle, en toute logique, Géronimo aurait dû descendre le temps de référence de Bruno Peyron acquis avec Orange l'an dernier (64 jours, 8 heures, 37 minutes 24 secondes). Un océan Indien et un Pacifique détestables, une remontée infâme de l'Atlantique, barré par un énorme anticyclone interdisant tout passage, phénomène inhabituel en cette période de l'année, en ont décidés autrement. Olivier de Kersauson n'a jamais connu, lors de ses tours du monde précédents, de telles conditions de navigation. Trahi par une météorologie exceptionnellement médiocre, des mers qu'il qualifie de "dégueulasses", les presque trois jours d'avance acquis sur le tableau de marche d'Orange fondaient d'heure en heure, jusqu'à ce que tombe l'impitoyable sanction : le record devenait hors de portée, après une pétole de 28 jours interminables. Malgré ses efforts soutenus, l'équipage restait impuissant devant une telle situation.
Mais ce serait mal connaître Olivier de Kersauson que d'affirmer que cet échec est un coup fatal. Plus que jamais déterminé à repartir (lui et Yves Pouillaude me l'ont confirmé à Brest), têtu comme le vrai breton qu'il est, soutenu par ses sponsors, il est évident que rendez-vous est pris pour une autre tentative en 2004. Attendons-nous donc à voir Géronimo et son skipper tenace, motivé, en attente d'une nouvelle fenêtre météo dans... 10 mois.
JJG

L'ARRIVEE DE GERONIMO A BREST